Actualités Sécu

#ActuSécu

Perte d’autonomie, les clés pour comprendre le débat

La Ministre des Solidarités et de la Santé a lancé le 1er octobre une grande concertation nationale sur le grand âge et l’autonomie.

Si la perte d’autonomie liée au grand âge vous parait lointaine, le débat qui s’ouvre sur cette question est au fond un débat de société qui nous mobilise tous. Nous vivons désormais plus longtemps. C’est une chance mais cela nous invite aussi à donner son avis et idées sur la société de demain que nous imaginons pour les personnes âgées. Cette question du grand âge prend le visage de personnes qui nous sont proches. Grands-parents, parents, nous avons tous autour de nous des personnes qui sont ou ont été confrontées à la perte d’autonomie.

 

La perte d’autonomie, qu’est-ce que c’est ?

La dépendance ou perte d’autonomie renvoie essentiellement à une dégradation de l’autonomie physique et/ou cognitive qui s’accentue avec l’âge. Elle engendre des difficultés à assurer seul les actes essentiels de la vie courante.

Pourquoi la question de la prise en charge de la perte d’autonomie se pose-t-elle aujourd’hui ?

vieillissement horlogeDe nombreuses problématiques sont régulièrement soulevées autour de cette question.

2,45 millions de personnes en perte d’autonomie à l’horizon 2060

Ce débat est également crucial pour nous permettre d’affronter les enjeux de demain :

  • 4,8 millions de personnes auront 85 ans et plus en 2050, c’est 3,2 fois plus qu’en 2017.
  • 2,45 millions de personnes âgées seront touchées par la perte d’autonomie en 2060 contre 1,6 million en 2030. En comparaison, on compte aujourd’hui 1,2 millions de bénéficiaires de l’APA (une aide financière qui est versée aux personnes dépendantes de + de 60 ans pour leur permettre une prise en charge des frais liés à leur perte de dépendance)

Le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie va donc aller croissant au sein de la population française. Cette hausse va donc augmenter le poids financier de la perte d’autonomie au sein de notre système de protection sociale. Il s’agit donc pour les pouvoirs publics de garantir son financement.

Une charge élevée pour les personnes âgées et leur famille

Si la perte d’autonomie est déjà aujourd’hui prise en charge par l’APA, une partie non négligeable des dépenses en la matière reste à la charge des personnes concernées ou de leur famille.

En 2014, on estimait en effet que sur 30 milliards de dépenses en faveur de la perte d’autonomie, environ 7 milliards d’euros étaient supportés directement par les personnes en perte d’autonomie et leur famille.

2000€ en moyenne restent actuellement à la charge des personnes dépendantes et de leur famille pour financer leur hébergement en Ehpad (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), ce qui représente parfois plus que leurs ressources disponibles.

De même, en cas de maintien à domicile, le reste à charge peut être conséquent pour les bénéficiaires de l’APA et leurs familles.

Pour les familles, la question des proches aidants qui réduisent ou arrêtent leur activité se pose également, sans parler de la charge morale et physique que cela occasionne pour accompagner un proche en perte d’autonomie.

Comment financer la prise en charge de la perte d’autonomie ?

La question des financements alloués à la prise en charge de la dépendance des personnes âgées se pose également au regard des deux questions précédentes. Il s’agit en effet d’améliorer la prise en charge des personnes mais également de faire face à une montée en charge de ce risque au regard des projections démographiques.

Aujourd’hui ces dépenses sont financées principalement par la Sécurité sociale et plus particulièrement par l’Assurance maladie mais également par les départements ainsi que la contribution de solidarité pour l’autonomie (CSA). La CSA représente les recettes de la journée de solidarité (le lundi de pentecôte ou tout autre jour selon le choix de l’employeur) issues des actifs. Ces ressources ainsi que d’autres plus minimes servent à financer les différentes actions énoncées ci-dessus.

Comment améliorer les conditions de vie et la qualité des services et soins qui sont apportés aux personnes en perte d’autonomie ?

Une autre question se pose concernant la qualité des services et le cadre de vie offerts aux personnes en perte d’autonomie. La grande concertation lancée au mois d’octobre doit revenir notamment sur la qualification des personnes intervenant auprès des personnes âgées en perte d’autonomie et sur les conditions de travail des personnes travaillant en EHPAD afin d’améliorer les conditions de vie des résidents.

Quels sont les grands enjeux de la réforme aujourd’hui ?

Tous les aspects de la perte d’autonomie sont aujourd’hui au cœur de la réflexion lancée au début du mois d’octobre :

1 –  Permettre le libre choix des personnes âgées

2 – Identifier les moyens d’une prévention plus efficace de la perte d’autonomie

3 – Simplifier le parcours des personnes âgées en assurant une continuité et une plus grande rapidité dans la prise en charge

4 – Définir les mesures nécessaires pour soutenir les aidants familiaux et trouver de nouvelles formes d’accompagnement solidaire des personnes âgées

5 – Apporter des réponses aux enjeux de formation, de qualité de vie au travail et d’attractivité des métiers pour les personnels intervenant dans l’accompagnement et le soin aux personnes âgées

6 –  Rénover les aides et les prestations pour les rendre plus lisibles, plus équitables, en maîtrisant les charges financières pour les familles

7 – Apporter des améliorations tangibles au cadre de vie des personnes âgées, dans les domaines de l’adaptation des logements, des mobilités, de l’accès au numérique et aux services publics

8 – Définir les modalités de financement des prises en charge à domicile et en établissements afin d’en garantir l’accessibilité pour les familles

9 – Accroître la qualité des prestations en établissement et à domicile

Est-ce que je peux donner mon avis dans le débat sur la perte d’autonomie ?

Parce que la perte d’autonomie nous concerne tous, une grande consultation citoyenne est lancée entre le 1er octobre et le 1er décembre et chacun peut y participer. Alors n’hésitez pas à vous rendre sur le site de la grande consultation citoyenne et à donner votre avis en votant et en proposant vos idées. A très vite sur la plateforme 😉 !