L’ensemble des points de vue, images et idées exprimés pour chaque production reflète uniquement ceux des élèves ayant participé à la réalisation de la production et en aucun cas, ceux des organisateurs du concours 2019/2020 « Les jeunes et la Sécurité sociale, Solidaires et Citoyens ».

L’évolution des votes fait l’objet d’une surveillance constante de la part des organisateurs. Tout vote considéré comme frauduleux sera supprimé. En cas de récidive, la participation au vote du public de la production litigieuse pourra être suspendue.


Titre de la production


Un glacier, une glacière?

Présentation de la production


Nous avons choisi de travailler sur le thème de l’égalité entre les hommes et les femmes car dans notre milieu, le graphisme, il existe une certaine inégalité pour laquelle nous pourrions être victime dans notre future vie professionnelle : la sous représentation des femmes graphistes et de leurs travaux. « Contrairement au secteur technologique ou, les femmes sont largement minoritaires, dans le graphisme, les inégalités ne sont généralement visibles qu’après la formation. Si l’on regarde les salles de séminaires et les ateliers des écoles de design, la fréquentation des étudiants et des étudiantes est à peu près la même, mais ces élèves sont principalement formés par des professeurs masculins. L’équilibre parmi les universitaires est suivi d’un déséquilibre sur le lieu de travail. Avec l’age, l’écart entre les sexes en matière de rémunération augmente. Les graphistes masculins dominent dans les hautes sphères, tandis que les femmes forment une minorité au sein de la direction. Bien qu’il y ait presque autant de femmes que d’hommes dans le secteur du graphisme, une étude de Kat Gordon, cofondatrice de la 3% Conférence, révèle que seulement 11 % du personnel de direction est féminin. » (source Tanita Wensky) Nous sommes donc particulièrement attentives à ces inégalités hommes/femmes, d’autant plus que nous sommes trois femmes. De même, nous sommes conscientes qu’il existe le problème inverse et que beaucoup de métiers, comme les métiers de l’esthétique par exemple, sont très féminisés. Il existe beaucoup de clichés autour de ces métiers soi-disant féminins, auxquels nous n’avons pas forcément envie d’être associées et qui ne sont pas pour toutes les femmes une voie de prédilection. Au contraire, elles peuvent attirer des hommes, qui eux, peuvent avoir peur du regard des autres comme nous pourrions en avoir peur si nous souhaitions nous épanouir dans un métier dit « masculin ». Notre avons décidé d’axer notre projet sur la non-binarité de genres des métiers et plus particulièrement de leurs utilisations dans notre société. Un fait nous a conduites à nous pencher vers la féminisation des métiers: dans sa séance du jeudi 28 février 2019, l’Académie française a adopté à une large majorité le rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions. L’Académie a donc regardé à la loupe nos formulations les plus courantes, et sa conclusion est sans appel : «Il n’existe aucun obstacle de principe à la féminisation des noms de métiers et de professions.» Mieux, cette féminisation «relève d’une évolution naturelle de la langue, constamment observée depuis le Moyen Age» ou la langue française acceptait d’ailleurs déjà «inventeure», «chirurgienne» ou «commandante»... La sécurité sociale a encouragé l’utilisation de mots épicènes, c’est-à-dire des mots qui ne sont pas marqués du point de vue du sexe ou du genre social. Néanmoins, il reste encore de nombreuses disparités au niveau de la féminisation, et aussi de la masculinisation de certains métiers. La mise en parallèle de métiers épicènes et de métiers ayant un double sens est utilisée dans nos visuels pour interpeller et créer un décalage. Ils sont destinés à l’affichage urbain, dans la rue, aux abris-bus, dans les lieux de passages importants pour toucher une cible de jeunes et de jeunes actifs. Notre principe s’appuie sur une liste de métiers épicènes suivie d’un métier qui, lorsqu’il est mis au féminin ou au masculin, induit un double sens. Ce double sens se rapporte en général à des objets plutôt qu’à une profession. Celui-ci est illustré par un visuel placé dans la partie inférieure de l’affiche. Ces visuels sont tramés pour rappeler les illustrations dans les encyclopédies afin de faire écho à la définition des mots. Pourquoi le passage au masculin, ou au féminin de certains métiers induit en premier lieu une antanaclase (double-sens) se rapportant à des objets ou des sujets étrangers à ce même métier? Cela est surement lié aux métiers genrés dans notre société. Selon Les Echos, dans un article écrit par Clémence Boyer dans lequel elle interview la conseillère d’orientation Valérie Deflandre, il est difficile de convaincre les jeunes de s’engager dans des filières allant à l’encontre des stéréotypes genrés, surtout à l’adolescence, une période d’affirmation de soi et notamment de son identité sexuelle. “Les garçons ont peur du jugement des autres, et notamment de ne plus être vus comme des ‘vrais mecs’ s’ils choisissent un métier considéré comme féminin”, témoigne Valérie Deflandre. “Les filles, elles, se posent plutôt la question de leur capacité à occuper un emploi supposé masculin”. Il faut aider les jeunes à faire de leur genre un atout pour candidater dans un secteur ou un métier qui manque encore de mixité. Et pour lutter contre les représentations stéréotypées, “rien ne vaut les rencontres entre des professionnels et des jeunes”, assure Valérie Deflandre. La sécurité sociale peut continuer de mener des campagnes, comme avec nos affiches, pour encourager le public à ne pas rester dans les stéréotypes de genres professionnels. Interpeller pour faire réfléchir au sens des mots et ainsi permettre de rendre progressivement plus objective l’appellation des métiers.

Visuels de la production